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KILLER

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DOUSHKA
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MessageSujet: KILLER   Mar 7 Mar - 15:47


KILLER
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Faussement accusé de meurtre, Han Wun n'a pas d'autre choix que de devenir un meurtrier devant la loi pour sauver Han Ah Ran, sa petite soeur de douze ans.

+ genre & sous-genre : thriller, action, romance, tragédie
+ public : -16
+ avertissements : scènes de violence
+ autres précisions : Légérement inspiré de W et autres dramas

                   
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DOUSHKA
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MessageSujet: Re: KILLER   Mar 7 Mar - 20:34


PROLOGUE


C'est d'abord une douleur terrible à la tête qui apparaît, avant que peu à peu, le brouillard dans son esprit ne se dissipe. Il reprend conscience avec une sensation étrange de celui qui se trouve en danger. Lorsqu'il ouvre les yeux, il réalise lentement qu'il se trouve étendu sur le sol froid dans un lieu qui lui est inconnu. Il sent une odeur métallique dans la bouche et a l'impression d'être trempé, d'avoir dormi dans une flaque d'eau. Mais lorsqu'il se redresse, une fois la douleur horrible à la tête atténuée, il voit que la flaque d'eau est au fait une flaque de sang. Il écarquille les yeux, en essuyant son visage, et se met à trembler en voyant ses mains tâchées de sang.Il en a partout sur lui, sur ses vêtements, ses mains, son visage.. Il regarde autour de lui et sursaute en apercevant un homme qui git sur le sol à sa droite. Il s'en approche pour le réveiller, sans comprendre si ce sang appartient à lui ou à cet inconnu. Lorsqu'il le secoue, il ne réagit pas, alors Han Wun essaie de retourner ce dernier sur le dos. C'est alors qu'il recule brusquement en lâchant un cris. Il se remet à trembler de plus belle, et il est incapable de détacher son regard de la grosse plaie béante sur la poitrine de l'homme. Le sang ayant taché sa chemise toute blanche, cette vision le rend nauséeux, il se met rapidement debout et cours vers ce qui semble être un évier et ne pouvant plus se retenir, il vomit dedans. Il faut qu'il appelle les secours. Il faut qu'il appelle la police.. Mais c'est alors qu'il entend les sirènes. Il ne sait plus ce qu'il doit faire, est-ce qu'il doit rester là ou sortir demander de l'aide? Il ne se souvient de rien. Le seul fait de réfléchir lui donne mal à la tête. Mais.. Il s'aperçoit dans un miroir et ça suffit à le terroriser. Il.. il est recouvert de sang... et si on l'accusait d'avoir tué cet homme..? Et si c'était vraiment lui qui l'avait fait? Il ne se souvient de rien, absolument rien, il y a un gros trou noir dans son esprit, et la douleur à la tête persiste. Il est terrorisé, il ne prend plus le temps de réfléchir à ce qui est le choix le plus judicieux, et se rue sur la porte de sortie. Il doit d'abord partir loin, loin de cet endroit, de ce cadavre, de ces sirènes qui semblent de plus en plus proches, qui l'assourdissent.. Il doit trouver un endroit calme où réfléchir. Lorsqu'il sort dehors, il fait nuit, mais il entend des voitures arriver, alors il ne réfléchit plus et se met à courir, à l'aveugle, ne sachant vers où aller, il s'arrête brusquement quand une voiture de police arrive devant lui et s'arrête. Il bute contre le fer et tombe sur les fesses, avant de se relever et, les yeux écarquillés, il se redresse, avec l'impression qu'il est en danger, qu'il doit fuir. Des policiers sortent de la voiture, et lui ordonnent de s'arrêter, mais il se remet à courir dans le sens inverse, sans aller bien loin. D'autres voitures de police viennent lui barrer le chemin, et il recule les mains devant lui. Non, non, ce n'est pas possible, ce n'est qu'un cauchemar.. Qu'est ce que tout cela signifie ? Que faire ? Il a l'impression de devenir fou. Il est entouré par les agents de police qui pointent leurs armes sur lui.

« Arrêtez-vous ! Posez votre arme et levez les mains en l'air ! »

Han Wun fronce les sourcils. De quoi est-ce qu'ils parlent ? Quelle arme ? Il n'a aucune arme.. Il regarde ses mains, et sent alors quelque chose de solide et d'assez gros contre son dos. Il porte ses mains derrière lui pour toucher quelque chose de froid, de métallique. Il le saisit et le regarde, découvrant l'arme en question. Il s'agit d'un revolver. Ses yeux semblent comme incapables de se détacher de cette vision, mais lorsque finalement il réussit à redresser la tête, il voit que les policier se rapprochent de lui, alors il lève les mains par réflexe vers eux, en reculant.

« Non ! N'approchez pas ! Je.. Ce n'est pas moi qui l'a tué ! Je suis innocent ! N'approchez pas ! »

Les policiers s'arrêtent en le voyant pointer son arme vers eux. Ils lui ordonnent à nouveau de poser son arme, et Han Wun sent des larmes lui brouiller la vue, il tremble, il est incapable de réfléchir, de savoir ce qu'il doit faire ou dire. Il est innocent, il ne peut pas avoir fait ça ! Il n'a rien avoir là-dedans.. Il ne peut pas se faire arrêter en tant que criminel mais.. pourquoi est-ce qu'ils s'arrêtent ? Son arme. Son arme ? Ce n'est pas la sienne ! Il la jette soudain au sol.

« Non... non, non, non.. ce n'est pas moi. Ce n'est pas moi.. »

Les policiers se rapprochent et l'un d'entre eux s'empresse de récuperer l'arme au sol pour plus de sécurité probablement. Mais Wun essaie de reprendre la fuite, sauf qu'il est bien trop tard, il est cerné. Ils sont partout, et ils sont trop nombreux. Deux policiers se lancent à sa poursuite, et le rattrapent trois mètres plus loin. On le coince, et on lui assène un coup dans les jambes pour lui faire perdre l'équilibre. Wun se retrouve à nouveau visage contre le sol, s'écrasant comme une lourde masse, il n'a plus aucun moyen de s'enfuir, et n'a même pas le temps de cligner des yeux que déjà on le menotte et qu'on le tire pour le forcer à se relever. Il se débat comme un fou. Il hurle comme un fou. Il est devenu complètement fou. Toute cette situation le rend fou. Mais ce n'est que le début. Le début d'un long voyage en enfer.

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DOUSHKA
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MessageSujet: Re: KILLER   Mer 8 Mar - 16:29


CHAPITRE I




Dans la salle d'interrogatoire, une lampe unique éclaire avec une faible lumière la table du milieu, et les deux chaises en fer. Il s'agit des seuls meubles, dans cette pièce aux murs sombres et à la vitre teintée. Il l'a déjà vu dans les films, il sait ce qu'il se passe. Dans la pièce d'à côté, des enquêteurs le surveillent avec un regard suspicieux, il en est certain. Il est le premier et le seul accusé dans cette affaire. Son cas est désespéré. Il ne peut rien faire de plus que de rester assit là à pleurer. Il est complètement désespéré, et il n'y a personne qui peut l'aider. Absolument personne. Il n'a aucune famille mis-à-part sa petite soeur de douze ans. Elle ne pourra rien faire pour l'aider. Leurs parents sont tous les deux décédés deux ans plus tôt, et il n'a pas d'amis assez riches pour lui payer un bon avocat, ou l'aider d'une quelconque manière qui soit. Il est complètement seul. Il a demandé un avocat, comme ils le font dans les films, et il a refusé de parler jusque là. Il a réellement l'impression de rêver et de se retrouver en personnage principal d'un de ces films policiers qu'il aimait regarder, mais tout ceci semble loin d'être un rêve, ce n'est même pas un cauchemar, tout est vrai, réel. Il n'est pas le personnage principal et le héros d'un film ou d'un livre, il est l'adolescent banal âgé de dix-neuf ans, ayant mené une vie banale jusque là, et se retrouvant soudain accusé de meurtre. Meurtre. Lui, un meurtrier ? Il a eût le temps de se rappeler, mais il ne se souvient pas d'être entré dans cette maison, il ne connait même pas cet homme, il ne sait pas comment lui-même s'est retrouvé là, ni pourquoi cette arme se trouvait sur lui. Il ne peut pas trouver d'explication à tout cela. La seule chose dont il est certain, c'est que ce n'est pas lui. Et il l'a répété une centaine de fois aux policiers et enquêteurs. Il l'a hurlé, jusqu'à ce qu'on lui envoie un psychologue. Il s'est alors calmé. S'il est innocent, il ne doit pas passer pour un psychopathe. Il doit rester calme, et les faire croire en lui, croire en ses mots, en son innocence. Mais ce n'est pas aussi simple. Ça semble même impossible. Perdu dans ses pensées, murmurant à mi-mots qu'il est innocent, et sanglotant seul dans cette pièce, sous les regards inquisiteurs des enquêteurs dans la pièce d'à côté, il redresse la tête en entendant la porte s'ouvrir. La personne qui l'a interrogé un peu plus tôt, dont il ne se souvient même plus du nom, vient s'installer sur la chaise devant lui.

« Commençons par le début. Nom ? »

Le jeune homme se remet à sangloter de plus belle sous le regard froid de l'inspecteur.

« Han.. »

« Prénom ? Âge ? »

Comme Han Wun ne répond pas, il répète la question sur un ton plus dur et plus froid, et lui ordonne d'arrêter de pleurer.

« Wun. Han Wun. Dix-neuf ans. »

« Tu as de la famille ? Où est-ce que tu habites ? Tu travailles ou tu étudies ? »

« J'ai une petite soeur, et je travaille et étudie en même temps.. »

L'inspecteur poursuit avec des questions simples pendant une demie heure, il lui dit de raconter tout ce qu'il s'est passé, et c'est ce que Han Wun fait, jusqu'aux événements de la veille. Il n'est pas encore arrivé à la scène de crime et comment il s'est réveillé dans cet endroit qui lui est inconnu quand la porte s'ouvre de nouveau sur deux personnes. L'un est un autre enquêteur, et l'autre en costume cravate semble être un avocat. C'est ainsi qu'il se présente. Avocat. Han Wun a enfin une étincelle d'espoir. Peut-être qu'il va pouvoir s'en sortir ? Peut-être que cet homme va le défendre et prouver son innocence ? Peut-être qu'il va pouvoir rentrer chez lui dans peu de temps ? L'avocat demande à parler en privé à l'accusé, et quand ils se retrouvent seuls, il vient s'asseoir face à Wun avant de sortir des documents de sa sacoche tout en se présentant.

« Vous allez m'aider pas vrai ? Je suis innocent, je n'ai jamais tué qui que ce soit. Vous devez m'aider, je vous en prie, prouvez mon innocence et je ferais tout mon possible pour vous rembourser cette dette ! »

Han Wun ne reçoit aucune réponse, l'homme lui pose simplement des documents sous le nez, et lui demande de lire attentivement et de signer. Le jeune homme coupé dans son élan se tait et baisse les yeux sur les documents. Il saisit un stylo en commençant à lire, mais fronce soudain les sourcils. Ces documents.. Il ne s'agit pas de documents administratifs.. Du moins pas la première feuille. Il relève les yeux pour les poser sur l'avocat.

« Qu'est-ce que.. »

« Ne posez pas de questions et contentez vous de lire et de signer. Ensuite seulement je pourrais m'occuper de votre cas. »

Han Wun ouvre la bouche pour répondre puis la referme, et reporte son regard sur la première page, sur laquelle il lit « Si tu tiens à la vie de ta petite soeur, tu vas devoir passer quelques années derrière les barreaux. Il te suffit d'ouvrir la bouche et elle va mourir. Tu es innocent, mais personne ne te croira, et si tu ne veux pas devenir aussi responsable de la mort de ta petite soeur, tu dois accepter la situation. Tu dois avouer et nous ne toucherons pas à ta seule et unique soeur. D'ailleurs Han Ah Ran te passe le bonjour, son grand frère lui manque beaucoup, et elle a très peur. Occupe toi d'avouer que tu as tué cet homme et nous garderons ta soeur en vie et nous en occuperons jusqu'à ce que tu sortes de prison. Tu voulais l'envoyer dans une très bonne école non? Nous allons nous en occuper. Si tu es d'accord, il suffit d'une signature. Si non, tu peux dire au revoir à Ah Ran. »

Han Wun reste figé, ses mains se mettent à trembler, son regard vide, et il n'entend plus rien. Ah Ran.. Ils menacent la vie de sa petite soeur ! Il va montrer cette lettre de menaces à l'enquêteur et prouver son innocence ! Il pose soudain les yeux sur l'avocat, avec un air déterminé.

« Vous devriez signer, si vous êtes innocent, et que vous ne voulez pas porter le poids d'un meurtre sur les épaules. »

Han Wun comprend parfaitement la menace et que il n'a pas le choix. Il ne peut pas montrer cette lettre à l'enquêteur, car dès lorsqu'ils la verront, il n'a aucune garantie que sa soeur sera saine et sauve. Ils la détiennent on ne sait où, le temps de le découvrir et d'aller la sauver, ce sera probablement trop tard. S'il n'accepte pas leur offre, il va perdre sa petite soeur. Il sera responsable de la mort de Ah Ran. Non.. les larmes reviennent lui brouiller la vue. Il ne se souvient pas de la dernière fois qu'il a autant pleuré. Il y a deux ans, lorsque ses parents sont morts? Il n'a pleuré qu'un peu, car il devait se montrer fort devant sa petite soeur. Mais depuis quelques heures, il ne faisait que pleurer. Un homme ne doit pas pleurer ? Que peut-il faire d'autre dans sa situation désespérée ? Il est incapable de retenir les larmes, il se sent étouffer, sa tête explose.. D'une main tremblante, il pose le stylo contre la feuille et signe tous les documents ainsi que la lettre. Les autres feuilles sont de réels documents administratifs, alors il ne prend pas la peine de les lire. De toute façon, cela n'a plus aucune importance. Il ne pourra plus s'échapper maintenant, il ne pourra plus faire demi-tour. Il a fait un choix, bien que il n'en avait pas d'autres, maintenant, il doit subir les conséquences. Pourquoi lui ? Il ne comprend pas comment il a pu être embarqué dans cette histoire. Il n'a pas d'ennemis, il n'a jamais eût affaire à une quelconque organisation criminelle, mais soudain il se retrouve mêlé à une histoire de meurtre, et il est le premier accusé.. Il ne peut même plus espérer s'en sortir, il ne peut même plus essayer de prouver son innocence car la vie de sa petite soeur dépend de ce qu'il va faire.

« Alors, racontez moi ce qu'il s'est passé à présent. » dit l'avocat, en interrompant sa reflexion chaotique.

Han Wun le regarde, vidé de tout espoir, il a l'impression de devenir une coquille creuse. Il ouvre la bouche, et d'une voix tremblante prend la parole.

« Je.. Je ne me souviens pas de ce qu'il s'est passé.. »

L'avocat, ou l'homme qui se prétend être un avocat, fronce les sourcils.

« Vous ne vous en souvenez pas ? Est-ce que vous avez tué cet homme, oui ou non ? »

« Je.. je ne sais pas. Je crois que.. je crois que.. »

« Vous croyez quoi ? » insiste l'avocat sur un ton où l'on sent la menace.

« Je l'ai fait..je l'ai tué ! » lâche l'adolescent dans un souffle, avant de se mettre à rire nerveusement.

« Pardon ? Que venez-vous de dire ? Je pensais que vous étiez innocent ? N'est-ce pas ce que vous disiez tout à l'heure ? »

« Je l'ai tué.. c'était un accident, je ne voulais pas, je.. je ne me souviens pas comment c'est arrivé.. »

Soudain, il est interrompu par la porte qui s'ouvre. L'inspecteur qui l'avait interrogé entre. Il regarde Han Wun avec un air indéchiffrable. Est-ce qu'il est satisfait qu'il ait tout avoué ou bien est-ce qu'il est frustré par ce soudain changement du discours que tient son coupable ?

« Tu l'as tué ? Tu l'avoues ? Tu n'as pas cessé de crier que tu étais innocent et demander un avocat, et maintenant tu avoues alors que tu as enfin ton avocat? Pourquoi ? »

Il y a un ton de reproche et on lit une certaine incomprehension dans le regard qu'il porte à Han Wun. Le jeune homme ne soutient pas son regard et baisse la tête.

« Monsieur l'inspecteur.. » commence l'avocat.

« Qu'est-ce que vous lui avez dit pour qu'il avoue si facilement, alors que cela fait des heures que nous l'interrogeons ? » demande l'inspecteur à l'avocat.

« Je n'ai pas fait grand chose, vous avez tout vu et tout entendu, il a simplement décidé d'avouer. Il ne croit pas lui même en sa propre innocence, il a dû enfin comprendre qu'un avocat lui sera inutile. »

L'inspecteur ne répond pas et regarde Han Wun qui sanglote. L'homme complètement rebuté et en colère sort pour raccompagner l'avocat et Han Wun se retrouve seul. Cette lettre l'a pris de court, il n'avait pas d'autre choix que de coopérer, mais maintenant il doit penser à ce qu'il va dire. Il doit inventer son crime. Il doit les convaincre qu'il a tué un homme qu'il n'a jamais vu.. Il se lève soudain et s'empare de sa chaise qu'il jette contre le mur. Désespéré, il a l'impression d'avoir sauté dans le précipice au bord duquel il se tenait depuis plusieurs heures, et dont il avait cherché à s'éloigner. Il n'a pas eût d'autre choix que de sauter de son plein gré, avant que quelqu'un ne l'y pusse. Est-ce qu'il va survivre à la chute ? Rien n'est moins sûr.


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DOUSHKA
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MessageSujet: Re: KILLER   Mer 8 Mar - 16:31


CHAPITRE II

Menotté et tête baissé, Han Wun est conduit hors de la salle de procès. Sept ans de prison. Toute sa vie venait de voler en éclats. Il n'avait eût d'autre choix que de tout avouer, bien que tout ce qu'il avait écrit et signé avait été totalement inventé. Mais lorsque le juge l'avait déclaré coupable et avait mentionné sept ans de prisons, il avait eût l'impression d'exploser. Il s'était levé et avait crié encore et encore qu'il était innocent. Mais c'était bien trop tard, il n'avait plus aucun moyen d'y échapper.

Quelques heures plus tard il monte dans la voiture qui l'emmène vers la prison de Séoul. Il n'a même plus l'énergie de réfléchir à comment il va s'en sortir. C'est comme si peu à peu toute son énergie vitale le quittait et il devenait un corps vidé de toute sa vie. Lorsqu'ils arrivent, il se fait conduire vers l'intérieur et il regarde tout autour de lui, déjà effrayé par le lieux. Tout est si gris et menaçant ici, que ce soit les murs de la prison ou les expressions des soldats armés.. Ils traversent plusieurs salles où il pose avec une plaque devant un appareil photo, avec cette même pensée que tout ceci ressemble à un film. Il aurait pourtant aimé que ça ne soit qu'un film et pas sa vraie vie. Tout le monde semble le dévisager d'un air mauvais, que ce soit ceux qui travaillent là ou les autres détenus. Quand il entre enfin dans sa cellule, les voix animées qui discutaient s'évanouissent et tous se tournent vers lui.
« Tiens, de la chaire fraîche ? »
Han Wun s'incline et se présente devant tous les hommes présents ici, ceux avec qui il va partager sa cellule. Il s'installe ensuite dans un coin. Cependant il n'a pas vraiment droit à un moment de répit pour se remettre de ses émotions car ses camarades de cellule paraissent enchantés de voir un nouveau débarquer. Et Han Wun comprend rapidement pourquoi.

Les journées qui suivent sont les plus difficiles, il se fait malmener par les autres, et personne ne dit rien. On lui vole ses portions, on le bat, mais ils sont trop nombreux et il ne peut leur tenir tête à lui seul. Il n'est qu'un adolescent banal qui a atterri dans une prison du jour au lendemain. Il n'est pas le meurtrier que l'on le dit être, cependant ceux qui sont convaincus de son innocence sont ses camarades de cellule et non les enquêteurs et jugent. Ce qui ne l'aide guère. Le fait même de se retrouver en prison lui est insupportable, et ces gangsters ne font rien pour arranger les choses. C'est ainsi qu'il passe ses journées à exécuter des corvées pour eux, ramper à leurs pieds et se faire taper dessus à la moindre occasion. Un jour, alors qu'ils sont tous sortis dans la cour pour prendre l'air, il va s'asseoir dans un coin à l'écart pour que l'on ne vienne pas l'embêter, espérant que personne ne fasse attention à lui. Malheureusement un homme assez imposant s'approche de lui, avec un groupe d'hommes tout aussi imposants, et le dévisage.
« T'es un petit nouveau toi. C'est quoi ton nom ? »
Han Wun ne peut retenir un regard mauvais envers cet inconnu qui vient s'en prendre à lui. Il semble qu'ils aient tous besoin de quelqu'un sur qui se défouler ici. Mais son regard n'a pas grand effet si ce n'est faire rire son interlocuteur. Il prend son menton et tourne sa tête d'un côté puis de l'autre comme si Han Wun n'était qu'un jouet dont il essayait d'estimer la valeur.
« Je vois qu'on t'a pas fait cadeau pour tes premiers jours. »
L'homme s'assoit près du garçon qui reste silencieux, espérant que son silence va lui éviter de nouveaux ennuis.
« Tu as perdu ta langue mon garçon ? Ou tu te pisses dessus en pensant que je vais te frapper ? » demande l'inconnu avec un rire amusé, mais son rire donne la chair de poule. Peut être à cause de son visage menaçant en lui même ?
« Hé toi, trouve moi ses amis de cellule. »
Han Wun se tourne vers l'inconnu qui vient de donner l'ordre à un homme qui se tient à un mètre de là. Ce dernier s'exécute et bientôt tous ceux qui partagent la cellule de Han Wun se retrouvent agenouillés devant lui et l'inconnu qui semble avoir une certaine autorité sur tous ceux se trouvant là. Est-ce qu'il s'agit d'un dangereux mafieux ? Très probable.
« C'est vous qui avez décoré le visage de mon neveu ? » demande ce dernier.
Le visage des détenus agenouillés se décomposent littéralement devant leurs yeux. Han Wun fronce les sourcils en se tournant vers le mafieux qui lui fait un petit sourire accompagné d'un clin d'oeil.
« Pardonnez-nous Monsieur Kang ! Nous.. nous ne savions pas ! »
Ils se jettent aux pieds de l'homme et de Han Wun en implorant leur pardon. Le jeune homme pris de court reste toujours silencieux, dévisageant avec stupeur l'homme qui vient de mettre à genoux ceux qui l'ont malmené pendant plusieurs jours. Monsieur Kang ? Qui est cet homme mystérieux et imposant ?
« Qu'en dis-tu gamin ? Tu les pardonne ? » lui demande Monsieur Kang avec un sourire sarcastique tandis que les bourreaux de Han Wun lui promettent de se rattraper et de faire tout ce qu'il dit, de le servir jusqu'à la fin de leurs jours. Impressionné par ce détournement de situation et par le pouvoir de cet homme qui avec ses mots seuls peut mettre ces voyous à ses pieds, Han Wun ne peut faire autrement que lui retourner son sourire.
« Je dois y réfléchir. »
Il observe leurs yeux s'écarquillés de terreur alors qu'ils l'implorent de les pardonner. C'est ainsi que Han Wun gagne le respect et la crainte de ses trois camarades de cellule. C'est ainsi qu'il gagne ses trois premiers hommes.

« Je m'appelle Kang Jae Gun, je suis ici depuis deux ans déjà, et ce n'est pas ma première fois. C'est pour ça qu'ils me connaissent tous. » déclare Monsieur Kang.  «  Et toi, j'ai entendu que tu es arrivé récemment ? Mes hommes m'ont dit que tu as été condamné pour homicide, mais il semblerait que tu sois totalement innocent. Que s'est-il passé ? »
Han Wun le regarde avant de promener son regard sur l'endroit, et il se perd dans les souvenirs des derniers évènements, racontant tout à cet homme envers qui il est à la fois reconnaissant et étrangement admiratif. Il n'omet rien dans son récit, et son interlocuteur l'écoute attentivement sans l'interrompre. Ce n'est que lorsque Wun a terminé de parler que Monsieur Kang dit :
« Nous avons un ennemi commun gamin. Dorénavant tu vas devoir apprendre beaucoup de choses pour survivre face à cet ennemi. » et ce disant, il se lève et commence à s'éloigner.
« Monsieur Kang, attendez, que voulez vous dire ? » demande Wun en se redressant, intrigué.
L'homme qui lui tourne le dos pivote la tête et croise son regard avec un sourire énigmatique et amusé.
« Appelle moi Hyung. Nous avons beaucoup de points en commun toi et moi. »
C'est ainsi que Han Wun devient ami avec le pire ennemi de son ennemi, qu'il gagne non seulement le respect de ces trois voyous qui le malmenaient, mais de tous les hommes de la prison qui sont rapidement mis au courant qu'il est le petit protégé de Kang Jae Gun...
L'oisillon doit apprendre à battre des ailes pour ne pas que son envol se transforme en chute fatale.

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MessageSujet: Re: KILLER   Jeu 9 Mar - 15:07


CHAPITRE III
Han Wun se réveille en sursaut. Depuis cette nuit affreuse ou il est devenu meurtrier malgré lui, il ne cesse de faire des cauchemars. Chaque nuit est un supplice. Les cauchemars se répètent encore et encore, dès qu'il ferme les yeux, il ne voit plus que du sang, des morts, et lui, arme à la main. Mais ce n'est pas lui. Il n'est pas un meurtrier, il n'a jamais tué qui que ce soit. Il se lève pour se rincer le visage dans l'évier. Sa cellule n'est pas un luxe, mais c'est mieux que rien. Au moins ils disposent d'un téléviseur et d'un évier, c'est suffisant. De l'eau et un contact avec le monde extérieur. Contact illusoire certes, mais contact tout de même.

« Vous êtes réveillés ? Vous avez besoin de quelque chose ? »

Han Wun qui se séchait le visage avec la manche de son haut pivote soudain en direction de la voix. Il s'agit du « maître des lieux », celui qui lui a fait passer une sale semaine et qui l'a malmené dès le premier jour. Celui qui se prenait pour un roi et qui donnait des ordres aux autres occupants de la cellule qui semblent lui vouer un respect étrange. S'il n'avait pas ses deux acolytes, serait-il aussi sûr de lui, aussi intimidant ? Ne tire-t-il pas toute sa « force » et le respect des autres par la simple présence de ses acolytes ? Mais son bourreau semble aujourd'hui, le regarder autrement. Il ne prend pas ses airs de dur à cuir, ne lui lance pas son regard menaçant remplacé par un regard craintif que d'abord le Han Wun tout juste réveillé ne peut comprendre. Que lui arrive-t-il ? C'est alors que le jeune homme se rappelle de sa rencontre d'hier, de Monsieur Kang et il ne peut se retenir de sourire d'un air amusé. Il semblerait que la situation ait changée. À présent les rôles sont inversés, et cet homme ainsi que les deux autres ne sont plus que des chiens qui vont obéir au moindre des ses désirs..

« Uh, je suis réveillé, alors pourquoi est-ce que vous n'êtes pas tous debout ? »
demande Han Wun, se prenant au jeu.

On dit qu'il y a un sombre côté en chacun de nous. Est-ce que le fait de se trouver en prison entouré de criminels aurait éveillé son côté sombre ? Est-ce que ce soudain gain de pouvoir au sein de sa cellule éveillait tout ce qu'il y avait de plus noir en lui ? C'était un sentiment étrange qui s'accaparait de lui. Rancune ? Désir de vengeance ? Il regarde celui au nom de Go Man Shik réveiller les deux autres, Tae Hyung et Ji Sook, et tous les se postent devant Wun, la tête inclinée, à moitié endormis.

« Vous avez besoin de quelque chose ? » demande Man Shik, la voix tremblante.

Impressionnant. Qui est réellement ce monsieur Kang pour que ces voyous soient dans un tel état ? Il y a cette petite voix dans sa tête qui lui murmure qu'il doit profiter de la situation et s'imposer auprès de ses camarades de cellule afin que plus jamais ils ne s'en prennent à lui, et qu'ils deviennent ses chiens de garde, pour que personne d'autre ne pense à venir l'embêter. Mais il y a une autre voix, sûrement la voix de la raison, qui lui murmure de ne pas se laisser aller, de rester juste, de les pardonner et de se lier d'amitié avec eux, que c'est le meilleur moyen pour s'en sortir, car des amis ne peuvent trahir. Mais un chien peut-il trahir son maître ? N'est-il pas dépendant de ce dernier, et n'est-il pas plus fidèle qu'un ami ? Jamais il n'avait eût à réfléchir à ce genre de choses. C'était nouveau pour lui, et étrange. Après tout, ils ne sont que des voyous qui essaient de survivre comme lui. Ils ont essayé de s'imposer comme il essaie de le faire. Mais il n'y a aucune réelle différence entre eux, si ce n'est que Wun n'est pas un réel criminel, mais que eux si.

« Vous avez déjà tué quelqu'un ? »
demande le jeune homme du tic au tac.

Ils se redressent en écarquillant les yeux et tous les trois parlent en même temps.

« Tuer quelqu'un ? Jamais ! »

« Nous n'avons jamais touché à une arme. »

« Nous ne sommes que des voyous, nous avons volé toute notre vie, mais jamais tué qui que ce soit ! »


Wun les écoute sourire aux lèvres. De simples êtres humains qui ont essayé de survivre. De simples malchanceux qui sont nés trop pauvres ou qui ont grandit dans des conditions qui ont fait d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui.

« Aigooo.. » soupire Wun.

Il tapote leurs épaules avec un sourire.

« Détendez vous, je ne compte pas faire de vous mes chiens, vivons juste ensemble comme des êtres civilisés, arasso ? »

Il va ensuite se rallonger sur son lit, sous leurs regards ébahis. Ils sont pris de court par son élan de gentillesse. Comment peut-il les pardonner aussi facilement après tout ce qu'ils lui ont fait subir ? Et pourquoi est-ce qu'ils sont si émus ?

« Monsieur ! » s'exclament tous les trois en venant se jeter au sol, ils s'agenouillent devant Wun et les larmes aux yeux le remercient mille fois.

« Arrêtez ça, j'ai dis que vous n'êtes pas mes chiens, et je suis le plus jeune ici, alors je vous appèlerais Hyung. Ça vous convient ? »

Bouche bée, ne sachant que répondre, les trois dévisagent Wun avant de se regarder entre eux, attendant de savoir de quelle façon ils doivent réagir.

« H..Hyung ?! » reprend Man Shik.

Wun hoche la tête, yeux fermés et affichant un demi-sourire.

Il aurait très bien pu profiter du pouvoir que Monsieur Kang lui avait donné pour vivre comme un roi et leur faire payer ce qu'ils lui avaient fait subir, mais la voix de la raison avait été la plus forte. Qui a dit que les amis n'étaient pas loyaux ? Ils sont interrompus lorsqu'on leur livre leur petit déjeuner, et tous les trois se ruent sur les plateaux avant d'apporter à Wun le sien. Un peu surpris, il prend son plateau et s'assoit sur son lit pour prendre son petit déjeuner. Les trois autres s'installent sur le sol devant la télé et l'invitent à venir les rejoindre quelques secondes après. Bien qu'il comprenne ce changement chez eux, et qu'il en connaisse la raison, il a du mal à s'y faire, mais ne refuse pas leur invitation et vient s'asseoir avec eux alors qu'ils lui font une place. Après qu'ils eussent fini de manger, Tae Hyung entreprend de masser les épaules à Wun. Deux jours plus tôt, c'est lui qui devait leur masser les épaules.

« Oooh.. Yah, yah ! Qu'est-ce que tu fais ? » demande Wun en s'éloignant.

« Mais laissez moi vous masser, vous devez avoir mal partout.. après ce qu'on vous a fait.. »

Wun se lève pour s'éloigner de lui, mais Tae Hyung le suit, alors Wun se met à courir, coursé par son camarade de cellule qui insiste pour le masser. Tous les deux jouent au chat et à la souris pendant quelques minutes, sous les regard curieux de Man Shik et Ji Sook. Tout à coup, Tae Hyung trébuche et s'écrase lourdement sur le sol. En voyant cela, Wun ne peut retenir un fou-rire, bientôt rejoint par celui des trois autres hommes. Tae Hyun grimace entre deux fous rires, en se massant le dos, il semble s'être fait mal lors de sa chute. Alors Wun s'approche de lui et entreprend de lui masser le dos.

« Je vais te masser Huyng. »

« Aniyo, aniyo.. c'est à moi de te masser ! »
proteste ce dernier.

Reste tranquille et laisse moi faire, tu as mal là ? »
demande Wun en tâtant son dos pour savoir où il s'est blessé.

Oh..uhm.. là, là..Ah ça fait mal ! Je crois que je me suis cassé quelque chose.. »

Tu devrais faire des exercices plus souvent. Tu n'es pas encore trop vieux, tu dois te maintenir en forme pour pouvoir sortir d'ici et te marier rapidement. »

« Hein ? »


Les trois hommes lancent un regard surpris à Wun.

« Vous ne comptez pas rester en prison toute votre vie, si ? » demande ce dernier.

« Non, mais.. »

« Alors vous avez l'intention de sortir d'ici et de poursuivre votre vie de voyous, continuer à voler et revenir ici ? »
demande à nouveau Wun.

« Non.. mais qu'est ce que des gens comme nous peuvent faire ? Une fois que tu fais de la prison, les gens dehors te regardent comme un monstre. Personne ne te fait confiance.. » déclare Man Shik.

« C'est vrai, nous ne pouvons pas devenir des gens honnêtes et civilisés, personne ne nous croira. » ajoute Tae Huyng.

« Nous avons besoin de survivre d'une façon ou d'une autre, et aucune personne normale ne voudra nous prendre au travail. »
dit Ji Sook.

Wun les regarde tous les trois, cessant de masser Tae Hyung. Ils avaient raison, rien qu'à les regarder, les gens auraient difficilement envie de leur faire confiance et les prendre au travail. Personne ne sera prêt à leur donner une chance là-dehors.

« Alors nous n'avons qu'à ouvrir notre propre business. » lance Wun.

Ils le dévisagent en haussant les sourcils.

« Notre business ? » demande Ji Sook.

« Vous voulez-dire, vous et nous ? »
s'étonne Tae Hyung.

Wun sourit en haussant les épaules.

« Oui, vous ne voulez pas ? J'ai peut-être l'air jeune et bête mais j'étais le meilleur élève de mon école avant d'atterrir ici. »

« Vous voulez que l'on travaille ensemble ? Que l'on reste en contact après être sortis d'ici ? »

« Il faudra bien que l'on survive une fois sortis. Avec sept ans de prison, je serais dans le même cas que vous. Et cessez de me vouvoyer, je suis le plus jeune ici. »

« Donc.. qu'est-ce que vous.. tu propose ? »
demande Man Shik.

« Je ne sais pas encore, je vais y réfléchir Hyung. »

Man Shik affiche un air étrange, sûrement surpris par le fait que Wun l'appelle ainsi. Ils finissent par tous s'installer devant la télé pour regarder le journal télé et apprendre ce qu'il se passe dehors, puis ils regardent tous les quatre un documentaire avant de sortir pour leur promenade quotidienne. Chaque jour, ils ont le droit de sortir dehors pour prendre l'air, dans la cour avec tous les autres détenus. Cette fois-ci, c'est la première fois que Wun sort la tête haute, sans plus craindre de se faire remarquer, sans plus chercher à se faire petit. Tous les autres lui lancent des regards étranges, tandis que suivi de Man Shik, Tae Hyung et Ji Sook, il arrive dans la cour et remarque Monsieur Kang lui faire un signe de la main. Il va rejoindre ce dernier sur un banc et s'assoit à côté de lui.

« Je vois que tu t'es intégré. Alors petit, qu'est-ce que ça fait d'avoir des chiens ? » demande Monsieur Kang.

« Ce ne sont pas mes chiens. Ce sont mes futurs co-équipiers. » répond Wun, ce qui lui faut un regard surpris de la part de ces derniers mais aussi de la part de Monsieur Kang.

« Oh.. vraiment ? Alors tu as fait ami-ami avec eux ? »
s'étonne ce dernier avant de se mettre à rire.

« T'es vraiment un garçon surprenant. »
il ajoute en posant une main sur son épaule.

Han Wun sourit et fait un clin d'oeil à Man Shik qui reste silencieux, intimidé par la présence de Monsieur Kang qui reprend la parole.

« Alors que diriez vous de travailler avec moi ? »

« Que voulez-vous dire ? »
demande Wun.

« Je te l'ai dis gamin, nous avons un ennemi commun. Alors nous devons travailler ensemble pour nous débarrasser de lui. »

« Je ne sais même pas qui est celui qui m'a fait ça, comment pouvez-voir savoir qu'il est notre ennemi commun ? »
demande Wun en lançant un regard suspicieux à Monsieur Kang.

« J'ai des contacts, gamin. C'est ça le pouvoir, j'ai des yeux et des oreilles partout. Mes garçons sont partout, en prison et dehors. Pourquoi penses-tu que tout le monde ici me craint ? »

« Parce que vous êtes un gangster ? Vous avez tué quelqu'un ? »


Monsieur Kang éclate de rire, et tous ses hommes sourient et rient doucement.

« Je ne tue pas gamin, mes ennemis ne peuvent quitter ce monde sans payer pour m'avoir tenu tête. Je les fait souffrir pour le reste de leur vie, mais je ne les tue pas. Je leur coupe la main, ou leur arrache les ongles. Je les transforme en petits chiots rampants à mes pieds. Je leur ôte toute fierté, toute estime. Je leur arrache ce qui leur est le plus cher. C'est ainsi qu'on traite nos ennemis. Tuer ? C'est trop gentil. Ils n'auront pas le temps de comprendre leur faute ni de regretter, de me lécher les pieds et de pleurer en me suppliant de les pardonner. Tuer ce n'est pas drôle. Je ne me prends pas pour Dieu. Seul dieu peut ôter la vie à ses créatures. »

Le discours de Monsieur Kang est très intimidant et convaincant, tous l'écoutent en silence, avec une certaine crainte dans les yeux, mais Wun sourit.

« Alors vous vous prenez pour quoi ? Un homme honnête ? »

« Mais je suis très honnête ! » répond Monsieur Kang en éclatant de rire à nouveau.

« Bon, assez parlé de moi. Si tu veux te venger de celui qui a détruit ta vie, tu vas devoir devenir un homme. Qu'est-ce que t'en dis gamin ? »


Han Wun lui lance un regard interrogateur.


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MessageSujet: Re: KILLER   Mer 22 Mar - 20:44


CHAPTER IV

Qui aurait cru que cet homme, Monsieur Kang, était ici en compagnie d'un homme effrayant, que Wun n'avait même pas remarqué au départ?  Qui aurait cru que cet homme, qui reste discret et qui a un visage intimidant, et dégage une étrange aura, est un maître d'arts martiaux, au point qu'il ne perd jamais contre qui que ce soit? Avec un tel homme à ses côtés, pourquoi Monsieur Kang a-t-il fini en prison ? Parce qu'il n'enfreint la loi qu'en secret, et s'il est arrêté, il ne peut rien y faire. Parce qu'il ne tue pas. Mais pourquoi cet homme est-il ici avec lui ? La relation que les deux hommes entretiennent est un mystère. Comment cet homme en est-il venu à servir Monsieur Kang? Mystère. Du moins à présent, Wun comprend pourquoi tout le monde craint Monsieur Kang bien même qu'il ne tue pas ses ennemis. Alors quand ce dernier lui donne rendez-vous le lendemain, Wun en ignore la raison exacte. Devenir un homme ? Il n'est pas certain de saisir l'arrière pensée de cet homme. Mais le moment où les paroles de Monsieur Kang s'éclairent dans son esprit, il reste hésitant.


Devenir un homme, c'est à dire recevoir un entraînement intensif en arts martiaux. Monsieur Kang veut transformer ce jeune garçon de dix-neuf ans tout fébrile et sensible en quelqu'un de beaucoup plus sûr de lui, de beaucoup plus fort et capable de tenir tête à leur ennemi. Capable d'endurer toute blessure, toute souffrance, capable de rester concentré et de réfléchir à toute vitesse, de prendre les bonnes décisions même dans les situation les plus urgentes et les plus dangereuses. L'entraînement du jeune homme est intensif, et son maître en arts martiaux ne l'épargne pas. Il le fait courir pendant des heures, faire le tour de la cour du début jusqu'à la fin de leur pause. Ensuite il doit porter du poids, d'abord soulever seulement, ensuite porter d'un endroit à l'autre. Et pendant qu'il travaille son endurance et sa force physique il commence à apprendre à se défendre et à attaquer. Mais il n'y arrive pas, il n'est pas assez doué, et il en paie le prix. Des courbatures rendent tout son corps douloureux, il souffre tant qu'il se décide à tout laisser tomber. Découragé par sa propre faiblisse, par son incapacité. Mais des progrès inattendus le font poursuivre l'entraînement, alors que Monsieur Kang le nargue et se moque de lui. Cela le met en colère. Pourquoi se moque-t-il au lieu de l'encourager ?

Après avoir assez travaillé son endurance et sa force physique, il doit passer son temps à balayer la cour pendant que les autres profitent de leur pause. Il ne comprend pas pourquoi. Il se perd dans ses pensées, puis se rebelle contre Monsieur Kang et son maître en arts martiaux, mais ces deux là le dévisagent avec un sourire énigmatique. Et puis quelques semaines plus tard, lorsqu'on lui noue un bandeau autour des yeux, il se demande ce qu'ils comptent faire. Et soudain il reçoit un coup dans le ventre. Il ne l'avait pas vu venir. Un autre coup à l'épaule lui fait poser un genoux à terre. Il grimace et gémit. Son maître ne l'épargne pas, ça a beau n'être qu'un entraînement, ils pourraient tout aussi bien se battre pour de vrai que ça ne changerait rien pour Wun. Il a des bleus partout. Et comme si ça ne suffisait pas, maintenant on lui bande les yeux pour rendre les choses encore plus difficiles. Il en a assez et se détache les yeux, mais on l'arrête tout de suite, et on lui noue carrément les mains dans le dos. Il demande des explications, qu'est-ce qu'ils lui veulent enfin ? Aucune réponse. Rien qu'une consigne : « évite les coups, si tu en es capable ». Il est à bout, un coup, deux, trois, il se plie, se redresse, trébuche et tombe, se redresse encore sans comprendre ce qu'il est censé faire. Une demie heure plus tard, on lui dit de retourner balayer. Frustré, il serre les poings et s'en va, ne supportant pas leurs rires ni leur regards moqueurs. Est-ce qu'ils ne se moquent pas de lui tout simplement ? Peut-être qu'ils le font marcher, et ne cherchent pas à l'aider? Il retourne balayer et cesse de trop réfléchir. Se concentrant sur sa tâche, il écoute tout ce qui se passe autour de lui, et ferme les yeux, prenant une grande inspiration pour se calmer. Respirer. Se concentrer. Il essaie de comprendre pourquoi on lui a attaché les yeux, et comprendre ce qu'il n'a pas fait correctement. La concentration. Ils lui ont bandé les yeux pour qu'il se concentre, pour qu'il puisse entendre et sentir, même s'il ne peut voir. Les yeux fermés, il essaie de s'imaginer à nouveau face à son adversaire. Ecouter. Eviter.

Le lendemain, on le rappelle pour le même exercice; Cette fois-ci, il est prêt. Il ne voit plus rien, mais il se concentre, plus attentif que jamais au moindre bruit, il l'entend, sur sa droite, et il l'évite.

— Oh !  

La surprise est générale, il entend tous les hommes autour de lui s'étonner. Ses camarades de cellule rient d'excitation et de joie et l'encouragent en poussant des cris stupides. Il ne peut s'empêcher de sourire.

— Pas mal. Mais c'était un coup de chance, lâche son maître en arts martiaux.

Un autre coup, qu'il entend venir sur la gauche, il l'évite. Il fait un pas vers la droite, un autre vers la gauche, deux en arrière. Silence. Quatre coups évités. De nouveaux rires.

— Han Wun ! Han Wun ! Han Wun !

Les encouragements le font sourire, mais le déconcentrent, et il reçoit le coup suivant en pleine figure, laisse échapper un gémissement.

— Aish.. Taisez-vous !

Silence.

— Continuez à l'encourager, dit Monsieur Kang et les trois idiots reprennent de plus belle, une nuisance sonore pour le jeune homme qui doit se concentrer d'avantage encore.

Faire abstraction du bruit qu'ils font, se concentrer sur le prochain coup. Où est-ce qu'il va frapper? Il sent comme un déplacement d'air autour de lui, il lui tourne autour. Il cherche à le manipuler, le déstabiliser, mais Wun se concentre. Il doit y arriver. Il faut qu'il leur prouve qu'il peut le faire. Il a besoin de le faire. Il a besoin de devenir plus fort, de « devenir un homme » pour pouvoir se battre contre son ennemi et sauver sa petite soeur. Gauche ? Droite? Derrière ! Wun se baisse. Coup évité. Un petit soupir de soulagement. On lui détache les mains.

— Tu arrives à éviter mes coups, même un incapable y arriverait au bout de quelques semaines. Est-ce que tu peux les contrer ? Est-ce que tu peux les bloquer ?

Le prochain coup, il l'évite, mais il hésite à le bloquer. Il faut qu'il soit rapide, qu'il identifie rapidement d'où provient le coup, et qu'il agisse dans la seconde près pour le bloquer. Tout cela sans rien voir; Il n'a que ses oreilles et ses mains. Il le sent lui tourner autour, encore. Il se tient prêt. Il est déterminé aujourd'hui. Le silence est revenu, tout le monde semble attendre le coup comme lors d'un match de football.

Cela se passe trop vite pour que lui même puisse s'en rendre compte, il réagit au quart de seconde. Il le sent arriver sur sa droite et dans un mouvement plus rapide que l'éclair, Wun bloque l'attaque de son adversaire, l'attrapant par le poignet avec force, mais après une seconde d'étonnement, il devine une nouvelle attaque dirigée vers son estomac et la bloque aussi. Il a réussi. Il y est arrivé. Des cris de surprise et d'excitation fusent à nouveau, accompagnés de quelques applaudissements. On lui retire le bandeau, et la première chose qu'il voit c'est le discret sourire de son maître qu'il n'avait encore jamais vu sourire jusque là.

Les jours qui suivent, l'entraînement de Wun est de plus en plus intensif, et les progrès de plus en plus importants. Il ne compte même plus les coups qu'il arrive à éviter ou bloquer, il peut presque entièrement se battre contre son maître les yeux bandés, et non seulement éviter ses attaques, mais les bloquer et même l'attaquer à son tour. Ceux qui les regardent se battre ont l'impression d'assister à un spectacle de danse. Tout est rapide, il y a de la force dans leurs mouvements, ils semblent comme se mouvoir en synchronie : attaque, bloque, contre-attaque, evite.. Wun progresse à une allure surprenante. C'est comme s'il y avait eût un déclic. Bientôt il n'affronte plus seulement son maître, mais tous ls hommes de Monsieur Kang. Quatre mois plus tard, il les mets tous à terre, les yeux bandés. Un an plus tard, il bat pour la première fois son maître. Ce n'est pas qu'il est devenu plus fort que lui, mais Wun est intelligent, et il se set à la fois de sa force, de son agilité et de ses savoirs-faire, mais aussi de sa tête, ce qui lui permet de vaincre son maître.

— À présent, il est temps pour nous de mettre en place notre plan, dit Monsieur Kang. 
                   
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MessageSujet: Re: KILLER   Ven 31 Mar - 13:58


KILLER



Un an plus tard

Han Wun s'installe sur le banc près de Monsieur Kang.

— On m'a dit que vous sortez dans quelques jours.

— Oui, je serais bientôt libéré.

Han Wun garde le silence. Ce qui provoque le rire de Monsieur Kang.

— Tu es venu me faire tes adieux ?

— Je croyais qu'il était trop tôt pour se dire adieu?

— Tu as raison, mon garçon, nous avons encore beaucoup de choses à faire.. Tu es prêt ?

Le jeune homme hoche la tête. Il est prêt, plus que jamais. Le moment est venu de trouver un plan d'attaque, la première étape de leur revanche.

— Alors, une idée ?

— Nous devons sortir ma soeur de là, avant toute chose.

Cela fait déjà un an qu'il reçoit régulièrement des nouvelles de sa soeur, c'est ce qu'il a reçu en échange de son silence.

— Tu as raison, et comme je te l'ai déjà dis, mes hommes ont retrouvé ta soeur, ils n'attendent plus qu'un signe de ma part pour agir.

— Vous devez la sauver sans la blesser.

— Je le sais, tu me prends pour un idiot ?

Wun soupire. Il s'inquiète beaucoup trop, il n'y peut rien, sa soeur est la seule famille qui lui reste, il ne sait même pas ce qu'elle a subit durant cette longue année loin de lui. Il a attendu ce jour avec une impatience insupportable. Il ne sera apaisé qu'une fois assuré de la sécurité de sa soeur.

— Ne t'en fais pas, tout se passera très bien. Tu recevras des nouvelles immédiatement après que nous l'aurons mis en sécurité.

Monsieur Kang lui donna une petite tape sur l'épaule pour qu'il se détende. Wun soupire. Du calme. Il n'y a aucune raison pour que les choses ne marchent pas. Ils vont mettre sa soeur en sécurité t après cela, ils pourront faire payer cette crapule pour tout ce qu'il leur avait fait. D'ailleurs, à propos de ça, Wun a enfin été informé sur la personne qui avait manigancé tout ça et kidnappé sa soeur pour qu'il reste sagement derrière les barreaux : Gu Hwan Suk. Un mafieux qui s'est de plus en plus enrichi ces dernière années. Il profite bien de sa liberté, et ne perd pas son temps avec ses nombreux traffics tandis que Wun moisit ici à sa place. Gu Hwan Suk, est officiellement son pire ennemi. Il doit sortir d'ici et blanchir son nom. Il va lui faire payer ce qu'il lui a fait. Il ne se calmera pas avant de lui avoir fait payer.

Trois jours plus tard, Monsieur Kang salue ceux qui restent, lui est enfin libéré, et la semaine d'après plusieurs de ses hommes le seront aussi, d'autres ont déjà été libérés avant lui. Ils seront sûrement là à l'attendre. Cela fait deux ans que Monsieur Kang est là. Mais ce n'est pas sa première fois. Il a déjà été enfermé avant, mais seulement pour quelques mois. Ces deux ans, c'est la faute de Gu Hwan Suk qui lui avait tendu un piège. Voilà pourquoi Monsieur Kang veut se venger. Voilà pourquoi il a prit Wun sous son aile.

— À bientôt gamin.

Wun le regarde partir et soudain il sent la colère monter en lui. Lui, il ne pourra sortir que dans quelques années. Six ans exactement ! Six ans ! Il donne un grand coup de poing dans le mur de sa cellule et s'éclate les phalanges mais il ne ressent aucune douleur, la colère était bien plus forte et aveuglante. Supporter six années de plus, ce sera difficile. Très difficile. Un an ici et il a déjà l'impression d'étouffer, alors encore six ans..

Ses camarades de cellule ont changés entre temps. Ils sont moins imposants, plus maigrichons et l'un d'entre eux est assez âgé et souffre constamment de douleurs au dos.

— Ajhusshi (monsieur), tournez vous, je vais vous masser.

Le vieillard se tourne, un peu surpris et se laisse faire. Le jeune homme le masse en silence. Il ne peut s'empêcher d'avoir de l'empathie pour les vieux sans énergie qui vivent une vie si difficile. Il ne lui demande pas pourquoi il est là, il le sait déjà. Il n'a pas payé les impôts, ou bien il a volé.. dans tous les cas, tout est la faute de sa vie misérable.

— Comment es-tu arrivé là ? demande le vieillard à Wun.

Ce dernier cesse de le masser puis reprend.

— J'ai tué quelqu'un.

— Et pour de vrai ?

— Qu'est-ce qui vous fait croire que ce n'est pas vrai ?

— Si tu es aussi cruel pour ôter la vie à quelqu'un, serais tu en train de masser le dos d'un vieillard ?

Wun doit admettre qu'il marque un point. Il n'a jamais fait de mal à qui que ce soit. Enfin, avant d'arriver ici. Mais on ne peut pas sortir tout blanc d'une prison. Il l'a rapidement comprit. Dès lors que monsieur Kang et ses hommes sont partis, certains ont commencé à lui lancer des regards mauvais, et il n'a aucune doute sur le fait que bientôt on viendra l'énerver. Mais il n'est plus le même adolescent innocent et fragile que lorsqu'il est arrivé ici. Il est bien différent maintenant.

***

La jeune fille rentre de l'école. Elle sait qu'à la sortie, on l'attend. Comme toujours. Elle a envie de s'enfuir, mais elle n'ose pas. Elle sait qu'elle n'ira pas loin avant qu'ils ne la retrouvent. Comme toujours. Elle a déjà essayé, plus d'une fois. Et on lui a bien fait comprender que si elle recommence, elle va le regretter. Ils l'ont menacé. Ils lui ont dit que si elle tenait à la vie de son frère, elle devait rester sage. Voilà un an qu'elle subit ça. On ne la lâche pas d'une semelle, il y a toujours quelqu'un pour la surveiller. Elle est leur prisonnière.

— Pourquoi tu fais une tête pareille ?

L'écolière relève la tête pour apercevoir une jolie jeune fille qui doit avoir l'âge de son grand frère.

— Unnie ! (une fille s'adresse ainsi à une autre plus âgée)

— Surprise ! Alors, tu as passé une bonne journée ?

Cette jeune fille s'appelle Gu Ha Na. Elle est vraiment gentille et vient lui rendre visite de temps en temps. C'est étrange car elle est la fille de l'homme qui la tient prisonnière, mais c'est comme si Ha Na l'ignorait. Ou bien elle fait mine de ne pas savoir que son père est quelqu'un de cruel.

— Ah Ran-ah ? (« ah » est une marque d'affection)

— Uh ? Ah oui, une journée normale comme les autres. Et toi ?

— Une journée normale comme les autres ! répond Ha Na en souriant avant de lui prendre la main.

— On ne rentre pas ? demande Ah Ran étonnée de voir qu'elles ne montent pas dans la voiture qui est censée l'emmener dans cette maison où elle vit depuis déjà un an.

— Non, j'ai demandé à ce qu'on aille faire du shopping, et mon père a donné son autorisation.

— Est-ce que tu sais pourquoi je suis là ?

Ha Na fronce les sourcils, interrogative.

— Qu'est-ce que tu veux dire ? Il ne s'occupe pas de toi en attendant que ton frère revienne te chercher ?

Ah Ran ne répond pas. Alors elle n'en sait rien. Son père lui a probablement mentit.

— Ce n'est pas ça ? insiste la jeune fille, perplexe.

— Si, si, confirme l'écolière en lui souriant.

— D'ailleurs, il est où ton frère ?

— Je ne sais pas.

Elles marchent depuis dix minutes et arrivant dans une ruelle de boutiques. Elles entrent dans l'une d'entre elles et ressortent après avoir acheté des accessoires pour cheveux. Ah Ran regarde autour d'elle, intriguée, ce que l'étudiante remarque.

— Qu'est-ce qui ne va pas ?

— Où sont-ils passés ? demande l'écolière.

— Qui ça ? s'étonne Ha Na.

— Les hommes de votre père.

— Oh, c'est vrai, où sont-ils passés ?

Soudain, plusieurs hommes arrivent et deux d'entre eux saisissent Ha Na par les poignets et la retiennent. Deux autres se postent devant et derrière Ah Ran, et la fillette recule, effrayée.

— Ne lui faites pas peur bande chiens enragés. Reculez.

L'homme qui a parlé, assez imposant les pousse pour s'accroupir devant la jeune fille.

— Bonjour Han Ah Ran. Tu t'es bien portée ?

— Qui êtes vous ? demande-t-elle alors que Ha Na crie pour qu'on la laisse.

— Je suis un très bon ami à ton frère Han Wun.

— Je ne vous crois pas.

— Mais pourquoi ? T'ai-je fait quelque chose de mal ? C'est elle et son père qui te gardent prisonnière depuis déjà un an, alors que moi, je viens te libérer et te mettre en sécurité pour que ton frère ne s'inquiète plus.

— Vous avez rencontré mon frère ?

— J'ai passé une année entière avec lui.

— Je ne vous crois pas.

— Je ne suis pas venue pour te faire du mal, mais pour aider. C'est ton frère qui m'a demandé de te sauver. Si tu refuses et que tu décides de rester avec eux, c'est ton choix. Mais si tu ne veux plus être leur prisonnière, alors je t'emmènerais quelque part où personne ne te fera du mal jusqu'à ce que ton frère te rejoigne.

Elle reste silencieuse et l'homme se redresse avant de lui tendre la main.

— Qu'est-ce que tu en dis ? Tu veux venir avec moi qui te laisse le choix, ou rester avec elle et rendre les choses difficiles pour ton frère ?

S'il était mal intentionné, il ne lui aurait pas laissé le choix, n'est-ce pas ? Le sourire qu'il lui adresse se veut rassurant, et elle finit par lui prendre la main.

— Sage décision. Allons y, montes dans la voiture.

Elle jette un dernier regard à Ha Na avant de monter dans la voiture aux vitres teintées de son sauveur. Enfin, elle va enfin échapper à ces mauvaises personnes. Elle se sent tout de même désolée envers Ha Na qui ne semblait pas réellement au courant que son père était quelqu'un de méchant.

***

Deux jours. Deux jours sont passés depuis que Monsieur Kang a été libéré. Deux jours sans qu'il ne reçoive aucune nouvelle. Et si quelque chose était arrivé à sa soeur ? Wun fait les cent pas. S'il ne reçoit aucune nouvelle aujourd'hui, il va devenir fou.

— Han Wun, téléphone.

Il se tourne soudain vers le gardien qui lui ouvre la porte de sa cellule. Téléphone ? Enfin ! Wun sort de sa cellule et suit l'homme d'un pas impatient.

— Yeobusseyo ? (Allô ?)

— Alors gamin, tu t'amuses bien tout seul ?

— Ma soeur, vous l'avez mis en sécurité ?

— Regardez le, il n'a même plus peur de moi maintenant que je ne suis plus là pour..

— Ma soeur ! Elle va bien ?

— Elle va bien.

— Vous avez réussi ?!

— Oui, oui. J'ai arraché ta soeur à ce serpent, elle est en sécurité maintenant.

— Ils ne lui ont pas fait de mal ?

— Ils ne l'ont pas touché, mais elle était prisonnière, donc pas aussi bien traitée que maintenant.

— Vous avez promis que vous veillerez à sa sécurité jusqu'à ce que je sorte d'ici.

— Je sais gamin, je sais ! Je vais l'envoyer là où il ne la trouvera pas.

On lui fit signe de raccrocher, le temps était écoulé.

— Merci, lança une dernière fois Wun avant de raccrocheR.
                   
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MessageSujet: Re: KILLER   Ven 31 Mar - 14:01


KILLER

                   Wun prend une serviette et se dirige vers les douches communes. Ils y sont envoyés par groupes, et ils sont surveillés par un gardien. Wun se déshabille et bientôt l'eau chaude coule le long de son visage, et sur son corps. Il se lave sans trop s'attarder dans la douche, puis attache sa serviette autour de sa taille pour retourner dans les vestiaires où ils ont droit à une tenue de rechange. Exactement la même, mais au moins elle est propre. Il commence à se rhabiller, enfile un sous-vêtement puis un pantalon et c'est lorsqu'il s'apprête à prendre le haut que soudain, quelqu'un lui heurte le dos, et Wun s'avachit au sol, grimaçant sous le choc.

— Aish...

Il commence à se redresser mais son agresseur ne perd pas de temps et pèse sur lui de tout son poids, lui enroule une chemise autour du cou et commence à l'étrangler. Wun essaie de se dégager de sous son emprise et se débat comme une larve.

— Qui es-tu? il demande difficilement.

— Tu pensais qu'il suffirait de récuperer ta petite soeur pour t'en tirer ?

Wun se met à rire, enfin, c'est un rire étrange car il étouffe en même temps, mais il est prit d'un fou rire qui ne l'aide pas. Soudain, d'un mouvement agile, il se dégage après avoir donné un grand coup de tête à son agresseur. Il ne perd pas de temps et se redresse en un clin d'oeil avant de s'éloigner de lui et il retire la chemise avec laquelle on l'étouffait. Il la secoue puis l'enfile tout en observant son ennemi du coin de l'oeil.

— Tu es un de ses chiens donc ?

L'homme habillé comme un détenu essuie le sang qui coule de son nez et lui lance un regard mauvais. Wun se remet à rire comme un inconscient, ignorant l'ampleur de la situation, enfin, c'est ce que son agresseur s'imagine lorsqu'il se jette sur sa victime pour en finir. Mais Wun évite le coup de poing qui vole vers lui, et il bloque le poing de l'agresseur avant de lui asséner un coup rapide en pleine face. Ce qui déstabilise l'autre, qui secoue la tête en chancelant.

— Le lionceau a apprit à sortir les griffes ? il se moque.

—  Aigoo.. comment tu veux survivre si tu ne peux même pas distinguer un lion d'un lionceau ? répond Wun sur le même ton.

L'autre éclate de rire en revenant à la charge. Mais Wun décide d'en finir et en trois coups, trois mouvements, il met son adversaire hors d'état de nuire. C'est alors que le gardien arrive et les trouve ainsi.

— Qu'est ce qui se passe ici ?! s'exclame le gardien en approchant.

— J'aimerais bien le savoir moi aussi, répond Wun en libérant son agresseur et en levant les mains comme pour montrer qu'il n'a aucune mauvaise intention.

Il menotte Wun alors que ce dernier lance un sourire amusé à son agresseur que des renforts viennent récuperer. Wun est ramené dans sa cellule et il n'a plus de nouvelles de son agresseur.

— Yah ! Qu'est-ce que vous en avez fait ? Il a essayé de me tuer ! Ne le laissez pas s'en tirer ! hurle Wun en frappant contre la porte, sans recevoir aucune réponse.

— Tes ennemis sont arrivés ici ? demande le vieillard assit devant la télé.

Wun soupire et va s'allonger sur son lit.

— Tu n'es plus en sécurité même derrière les barreaux, poursuit le vieillard.

— Je ne suis plus celui qu'ils ont piégé, je peux parfaitement me défendre.

— Peut-être, mais l'effet de surprise peut être fatal.

— Qu'est-ce que vous me proposez de faire ?

— Moi ? Rien. Qu'est-ce qu'un vieillard comme moi peut conseiller à un jeune homme plein d'énergie comme toi ?

Wun fronce les sourcils. Ce vieil homme l'intriguait. C'est comme si chacune de ses paroles étaient pleines de sous entendus. Il soupire à nouveau et lui tourne le dos pour dormir. La nuit tombée, c'est le silence dans la prison, et la majorité des détenus dorment. Il doit être entre trois et quatre heures du matin lorsque Wun est réveillé par une sensation d'étouffement. Mais il n'y a aucun agresseur en train de l'étrangler. Pourtant il n'arrive pas à respirer, et c'est alors qu'il se rend compte qu'il s'agit d'une odeur de brûlé. De la fumée. Il se redresse soudain et se met à tousser. Sa cellule est en feu ! Qu'est-ce qui se passe ? Comment est-ce possible ? Il saute hors de son lit et regarde autour de lui, ses deux compagnons de cellule viennent aussi de se réveiller et se mettent à hurler.

Wun s'empresse de réveiller le vieil homme mais il semble inconscient. Le feu se propage depuis la porte jusqu'à eux, et une sonnerie retentit. La porte s'ouvre soudain sur plusieurs geôliers alertés et paniqués. Wun qui n'arrive pas à réveiller le vieillard s'empare d'une couverture qu'il s'empresse de tremper dans le lavabo en remerciant celui qui a construit cet endroit d'avoir inclut des lavabos dans les cellules, et il prend le vieil homme sur son dos avant de se recouvrir avec la couette trempée. Tous les yeux s'écarquillent de stupeur et de surprise alors qu'il s'élance à travers les flammes pour sortir hors de la cellule. Tout ce qu'il veut, c'est survivre. Il ne peut pas mourir comme ça. Il sait parfaitement qui est le responsable de tout ça, ils essaient de se débarrasser de lui, mais il ne leur facilitera pas la tâche. Il va les faire payer, tous ceux qui ont osé s'en prendre à sa vie.

Déterminé comme jamais, il traverse les flammes et se retrouve de l'autre côté, hors de danger. Les gardiens s'empressent de l'aider alors que d'autres arrivent avec des extincteurs. Wun tombe à genoux, le vieil homme sur son dos s'écroule contre le sol. Wun lui tapote le visage.

— Ajusshi ! Réveillez-vous. Ouvrez les yeux Ajusshi !

Il entrouvre les yeux, et lui sourit.

— Laisse moi mourir en paix idiot, dit le vieillard essayant de plaisanter entre deux toux.

— Ce n'est pas encore l'heure, levez-vous pauvre vieillard ! répond Wun sur un ton de plaisanterie, en souriant en retour.

— Je suis plus riche que toi.

***

Le lendemain, Wun identifie celui qu'il suspecte d'avoir causé l'incendie dans sa cellule, et ce dernier est envoyé en isolation tandis que Wun retourne dans sa cellule. Le même jour, on l'informe d'un appel, et lorsqu'il décroche, une voix froide s'adresse à lui :

— Je vois que tu as réussi à te débarrasser de mon chien de chasse. Ce n'est qu'un coup de chance, saches qu'à la seconde où tu as décidé de te rebeller contre moi, tu as signé ton arrêt de mort.

— J'attends avec impatience de te voir me supplier à genoux de t'épargner la vie. Ne t'attends pas à ce que je cède à tes menaces comme l'autre fois.

— Ne te réjouis pas trop vite de ta petite victoire. Tu ne sortiras pas vivant de cette prison.

— Non seulement je sortirais vivant mais je vais te voir agoniser de mes propres yeux, enfoiré.

— J'ai la chair de poule.

Un rire gras se fait entendre et l'homme à l'autre bout du fil raccroche. Wun repose le téléphone avec une expression sérieuse. Il est hors de lui, il commence déjà à s'impatienter. Plus le temps passe et moins il est patient. Cet enfoiré ose s'en prendre à lui après tout ce qu'il lui a fait subir, après l'avoir envoyé ici en l'accusant à tort de meurtre, après l'avoir forcé à garder le silence et l'avoir menacé avec la vie de sa petite soeur qu'il avait enlevée.. Il ne lui pardonnera pas. Il ne sera en paix qu'une fois qu'il lui aura ôté la vie. S'il doit vivre toute sa vie avec ce nom de meurtrier, autant qu'il soit justifié. Il tuera celui qui a fait de lui un meurtrier. Au moins alors, il pourra accepter ce « titre ».

Wun s'apprête à retourner dans sa cellule lorsqu'on l'informe qu'il a une visite. Il fronce les sourcils. Une visite ? Qui est-ce que ça peut bien être ? Et s'il s'agissait.. Wun suit l'homme en uniforme sans poser de question et pénètre dans une pièce séparée par une vitre et des chaises de chaque côté. À mesure qu'il s'approche de la chaise, il distingue son visiteur et il s'arrête soudain en identifiant ce dernier. Voilà une visite à laquelle il ne s'attendait pas.
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DOUSHKA
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MessageSujet: Re: KILLER   Ven 31 Mar - 14:04


KILLER
— Ah Ran-ah.

Wun fixe la jeune fille sans pouvoir cacher sa surprise. Il ne s'attendait pas à revoir sa petite soeur d'aussi tôt. Mais elle est bien là, devant lui, et il n'y a que cette vitre qui les sépare. Sa soeur se met à pleurer.

— Oppa.. Pourquoi tu es là ?

— C'est une longue histoire. Tu vas bien ? Ils ne t'ont pas fait de mal ?

Elle secoue la tête alors que Wun s'assoit devant elle.

— Je vais bien, ils me surveillaient tout le temps mais ils ne m'ont rien fait.

Elle lui ment, le premier jour, ils n'ont pas été tout à fait aimables envers elle. Elle s'est fait frapper quelques fois, tout comme les fois où elle a tenté de s'enfuir. Mais lorsqu'elle a abandonné l'idée de prendre la fuite et qu'elle a commencé à leur obéir, ils sont devenus plus « aimables ». Mais il n'a pas besoin de savoir ça. Ce n'est pas important, maintenant elle n'a plus rien à craindre, ces hommes qui se prétendent amis de son grand frère la traitent comme une princesse.

Elle ne leur faisait pas vraiment confiance au début mais maintenant c'est différent. Leur chef s'inquiète toujours de ses besoins et ordonne à ses hommes de bien veiller à ce qu'elle ne manque de rien. Elle va bientôt partir ailleurs, loin d'ici car elle ne peut pas être en sécurité à Séoul. Ils ne lui ont pas dit où ils l'emmènent mais elle va les suivre sans s'y opposer car ils ont accepté de la laisser voir son frère. Cela prouve qu'ils sont effectivement du côté de son frère.

— Monsieur Kang te traite bien ? lui demande son grand frère avec un air inquiet tandis qu'elle essuie ses larmes.

— Oui. Est-ce que je peux lui faire confiance ? Il a dit qu'il va m'amener quelque part où je serais en sécurité. Est-ce qu'il est réellement ton ami ?

Wun hoche la tête.

— Tu peux lui faire confiance. Et fais attention à toi Ah Ran-ah. Fais ce qu'il te dit et reste cachée jusqu'à ce que je sorte d'ici..

— Quand est-ce que tu vas sortir ?

— Dans quelques années...

Le visage de son frère se décompose. Il perd le demi sourire qu'il arborait.

— Quelques années ? Mais pourquoi..

— Ceux qui t'ont retenu prisonnière m'ont piégé, j'ai été accusé de meurtre.

— M..meurtre ? Mais.. mais tu..

— Écoutes moi bien Han Ah Ran, tu dois rester cachée jusqu'à ce que je sorte d'ici, tu es en danger, tant que tu étais leur otage, ils te gardaient en vie tout comme moi. Maintenant, les choses ont changés. Ils vont tenter de te retrouver, ta vie est en danger.

— Et toi ? Ils vont aussi essayer de te tuer ?!

— Ne t'en fais pas pour moi, je..

— Votre temps est écoulé Han Wun.

Le jeune homme se retourne pour jeter un coup d'oeil au geôlier qui lui fait signe de se lever.

— Oppa !

Wun se redresse et tend ses poignets pour qu'on le menotte, par sécurité, et il s'adresse à sa petite soeur en même temps :

— Ne t'en fais pas pour moi, on se reverra bientôt. Fais attention à toi et fais ce que Monsieur Kang te dit, tu as entendu ?

Sa soeur hoche la tête et se remet à sangloter, mais il n'a pas le temps d'ajouter quoique ce soit puisqu'on le pousse vers la porte et bientôt il ne la voit plus. Malgré tout, il se sent plus déterminé que jamais maintenant qu'il l'a vue de ses propres yeux et qu'il s'est assuré qu'elle est saine et sauve. Il n'a plus à s'inquiéter pour elle, et il peut faire confiance à Monsieur Kang qui a tenu sa promesse et qui semble réellement vouloir l'aider à se venger. Maintenant, Wun peut se concentrer sur son objectif.
                   
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